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L'envie.

Cathy FreemanJ’ai du mal à me souvenir de ce qui a en premier provoqué l’envie. Peut-être le fait de voir des images de l’athlète australienne-aborigène Cathy Freeman ?


Peut-être aussi la photo de cet impressionnant boléro en plumes de perroquet aux couleurs incroyables, dessiné par Jean-Paul Gaultier pour sa première collection de haute-couture, en 1997, et qui attendait depuis longtemps dans mes dossiers de coupures de journaux que j'en « fasse quelque chose » ?

Le nom

Photo d'un PalilaEn rassemblant toutes les photos de Palila dont je disposais, j'en ai retrouvé une qui portait le nom « Palila-Catooh ? » et je me suis soudainement souvenue que Catooh a effectivement été en lice ! Dans ma recherche d'un nom court en rapport avec les oiseaux, c'est néanmoins Palila qui l'a emporté.

Le palila est un petit oiseau hawaïen dont je viens d'ailleurs de découvrir qu’il est en danger d’extinction.

L'animal

Hyacinthe, le perroquet de PalilaPoint d’animal visible sur les photos de la figurine terminée, et pourtant Hyacinthe, un perroquet bleu, devait à l’origine se tenir sur l’épaule de Palila. Il a disparu à la suite des nombreuses difficultés techniques rencontrées dans le modelage de sa maîtresse, mais qui sait, si l’envie m’en prend, s’il ne pourrait pas la rejoindre à nouveau un jour ?

NB À la base, Hyacinthe est tout simplement le nom d'une race de perroquet bleu !

Le modelage, l’attitude, les vêtements.

Pas d’audaces techniques particulières à signaler, et pourtant Palila a été un vrai casse-tête. La raison de toutes ces difficultés : le matériau. Ne trouvant plus de Plastibo, j’ai essayé une argile qui sèche sans cuisson. Catastrophe… L’argile sèche trop vite, un vase retourné pour mettre la figurine à l’abri de l’air n’a pas suffi. Palila devait absolument être entourée d’un chiffon régulièrement humidifié, mais malgré toutes ces précautions, certaines parties ont séché plus vite que d’autres et ont créé des contraintes.

Une épaulette arrachée !L’une des deux épaulettes identiques initialement prévues a commencé à s’arracher et des fissures sont apparues, beaucoup plus nombreuses qu’avec Plastibo. S’il faut trouver un point positif à cela, c’est qu’en recommençant la partie arrachée, j’en ai profité pour modifier la position du bras droit, et peut-être n'est-ce pas plus mal ! 

Palila et son nouveau collierLe cou est souvent une zone fragile, et Palila en a été un exemple particulièrement flagrant. Comme je l’ai dit plus haut, sa tête devenue mouvante autour de son armature en pic de bois m’a même fait renoncer à l'accompagner d'un perroquet.

Après plusieurs réparations du cou avec le matériau d’origine pour éviter de créer des contraintes trop fortes, j’ai fini par employer une méthode plus radicale : plusieurs semaines après l’achèvement de Palila, j’ai fini par rassembler sa tête et son cou avec de la colle, et j’en ai profité pour ajouter son collier (il a fallu gratter un peu d’argile et refaire la peinture sur ces zones). La réparation tient toujours.

Prévu à l’origine pour Méroé, j’ai eu le coup de foudre pour ce splendide tour de cou… dans une quincaillerie, au rayon robinetterie. J’ignore quel est le véritable usage de ce bout de métal, mais une chose est sûre, c’est que les quincailleries et grandes surfaces de bricolage sont des lieux pleins de ressources où j’aime particulièrement musarder !


Pas de mains, mais des manches longues...Vous comprendrez que le modelage de Palila n’a pas été des plus agréables, et un élément de ses vêtements le montre : pour être honnête, ses manches très longues ne sont pas un parti pris esthétique. Face à la difficulté, j’avais deux alternatives : l’abandonner et la vouer aux gémonies, ou l’achever (au sens premier du terme uniquement), j’ai donc choisi de la terminer mais au plus vite. En sautant la délicate étape « mains » !

La couleur

Tableau de Josie Petrick KemareDes pointillés rappelant la peinture aborigènePalila est l’exemple le plus frappant de la façon dont je procède : en grattant la peinture, on trouverait de nombreuses couches successives, de nombreux essais abandonnés. En l’occurrence, ici, mon premier souhait était de m’inspirer des motifs et couleurs de ce beau tableau aborigène de Josie Petrick Kemare  : le résultat fut vaguement psychédélique et complètement raté, et heureusement (ou malheureusement), le destin a voulu que je n’aie pas d’appareil photos sous la main à ce moment-là. Ouf.

Vous ne voyez donc que la version définitive beaucoup plus sobre, un simple fond de couleur bleu sombre ponctué de pointillés rappelant la peinture aborigène (selon le principe déjà employé pour la robe de Li-Mei, d’ailleurs), et mettant probablement mieux en valeur les couleurs suffisamment vives des plumes de perroquet.

Galerie photos.

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