2 mars 2005 : début du pâtamodelage autourde la haka.
7 mars : voilà à quoi ça devrait ressembler...
17 mars : les muscles prennent tout doucement corps.
Il y a quelques années, j'avais aperçu d'un oeil mi-sceptique mi-fasciné l'intimidante haka "Ka mate" que l'équipe de rugby néo-zélandaise des All Blacks donne traditionnellement avant ses matches. Ce que je savais de la haka se limitait jusqu'à présent à ces seules images, et j'imagine qu'on peut dire que grâce à eux, cette expression culturelle traditionnelle du peuple maori a pu atteindre une renommée inattendue. Cependant... essayez vous-mêmes de chercher des vidéos sur internet : vous aurez peut-être l'impression comme moi que la haka Ka mate semble être devenue la quasi propriété d'une marque d'articles de sport (celle dont le logo a trois bandes, commence par un A et se termine par - didas). Forcément, ça frelate et galvaude un brin. Rendons à César ce qui lui appartient : c'est en fait Te Rauparaha, chef Ngati Toa, qui l'aurait créée au début du XIXe siècle.
Est-ce vraiment l'"esprit rugby" qui m'a inspirée ? Que nenni, d'ailleurs je n'ai jamais vu un seul match et l'Ovalie, malgré son joli nom, me laisse de marbre. La vraie envie de ce pâtamodelage est née il y a quelques semaines lors du visionnage d'un bonus sur le DVD du Retour du Roi, le dernier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux adaptée par Peter Jackson et entièrement tournée en Nouvelle Zélande.
Lors d'une fête de fin de tournage, l'équipe des cascadeurs a rendu hommage aux deux acteurs jouant des rois dans le film en leur offrant une haka, la même que celle des All Blacks, d'ailleurs, tandis qu'un des acteurs maoris (Lawrence Makoare ci-contre, dont je reparlerai) expliquait en voix off l'importance de la haka dans sa culture, le fait qu'elle est normalement réservée à des occasions particulières et souvent donnée pour des dignitaires, et soudain, cela m'a paru prendre un peu plus de sens, même s'il ne s'agissait là après tout que du tournage d'un film.
Au final, pourquoi une haka ? Parce que les attitudes physiques, les expressions faciales, les tatouages traditionnels, sont visuellement intéressants. Parce qu'après Abdu-Ali et Baba, cela me permet de continuer à explorer des attitudes à mi-chemin entre la danse pure et l'expression de la culture d'un peuple. Et aussi parce que pâtamodeler une figurine guerrière ne me ressemble guère : cela vaut donc la peine d'essayer.
2 mars 2005 : début du pâtamodelage autour de la haka.
Première séance, première ébauche de silhouette, et un choix technique : pas de support en pâte à modeler, le personnage devra tenir en équilibre sur ses genoux/pieds.7 mars : voilà à quoi ça devrait ressembler...
Bon, voilà une simulation laborieusement dessinée à la main, scannée, colorisée numériquement, et complétée d'un pagne découpé dans un fichier numérique. (J'envie les gens capables de croquer une attitude avec justesse et en 15 secondes. Soupir). La posture choisie n'illustre pas de façon documentaire une haka en particulier mais en mélange au contraire plusieurs : les bras reprennent une des postures de la haka Ka mate, tandis que le bas du corps se rapproche davantage des hakas dites horuhoru, c'est à dire pratiquées à genoux.
Quant au visage, j'aimerais lui donner deux des expressions faciales utilisées dans les hakas pour en accentuer le caractère impressionnant (ou menaçant), c'est à dire des yeux exorbités et la langue tirée.
Ajoutez à tout cela des tatouages (visage, cuisses, ou bras, ou les trois à la fois, nous verrons bien), et imaginez les clameurs d'une haka. Si vous n'en avez jamais entendu, un enregistrement des All Blacks est disponible ici.
17 mars : les muscles prennent tout doucement corps.
Quelques heures de doigts passables, aujourd'hui : avec un oeil sur les photos d'exercices d'un site de stretching et autres pratiques de musculation, j'ai commencé à mettre en place (un peu au hasard) les muscles de M. Haka (dont je n'ai toujours pas trouvé le futur nom). Au départ, il avait des abdominaux en tablettes de chocolat, mais ils ont finalement disparu sous une confortable bouée. Dès la prochaine séance, il me faudra rectifier la cheville droite : on dirait que les températures de ces derniers jours lui ont fait enfler les jambes ! La pâte à modeler sèche d'ailleurs beaucoup plus vite lorsqu'il fait chaud, ce qui ne va pas me faciliter les choses.
24 mars : un visage et une nouvelle idée de nom.
Eh bien voilà, Monsieur Haka a un visage, inspiré de celui de Lawrence Makoare dont la photo figure dans le premier paragraphe de cette page. Il a l'air fâché, il tire la langue, mais il manque encore d'oreilles et de cheveux. Ne le répétez pas : je fronçais régulièrement les sourcils devant un petit miroir pour vérifier la façon dont doit se plisser le front en haut du nez, et j'ai pu constater que contrairement à ce que j'ai modelé, froncer les sourcils et écarquiller les yeux en même temps était assez difficilement compatible. J'espère qu'au final, cette petite liberté anatomique produira quand même un effet à peu près satisfaisant !
Par ailleurs, merci à Sarah qui se reconnaîtra et qui m'a envoyé des propositions de noms maoris : Aoteaora est désormais dans la compétition, et sa signification ("le pays au long nuage blanc") pourrait inspirer un motif, pour la ceinture par exemple. Chouette, tout ça commence à devenir vaguement interactif !
31 mars : les fissures sont de retour. Soupir.
Voilà quelques séances maintenant que je remodèle le dos et les bras de Monsieur H., faisant semblant d'ignorer superbement la fissure de son genou gauche. Mais aujourd'hui, le bras droit à décidé de faire des siennes également et s'est orné d'une bien belle fissure que j'ai déjà tenté de réparer sans succès. Il m'agace, ce Monsieur H., et en plus il me tire la langue. Méchamment. Vais faire une pause, tiens.